November 26, 2025

L’orthophonie ne se résume pas à “apprendre à bien parler”. Elle englobe l’ensemble des troubles qui affectent la communication ou les fonctions impliquant les muscles de la parole comme le langage oral et écrit, la communication non verbale, la respiration, la déglutition… Elle concerne aussi bien les enfants que les adultes.
Chez l’enfant, l’orthophoniste accompagne le développement du langage dans sa globalité : parler, comprendre, lire, écrire, articuler, reconnaître les sons… Cet accompagnement s’appuie sur la participation active des parents, dont le rôle est essentiel pour prolonger le travail réalisé en séance.
À l’aide d’exercices ciblés et d’outils adaptés, l’orthophoniste guide l’enfant et sa famille dans la mise en place de stratégies concrètes et adaptées. En France, ces séances sont prescrites par un médecin et sont assurées par des professionnels spécifiquement formés à diagnostiquer et rééduquer ces troubles.
Mais avant d’envisager un diagnostic et une rééducation, l’essentiel se joue souvent ailleurs : dans la manière dont l’enfant est entouré, écouté et stimulé au quotidien. L’école et les séances d’orthophonie donnent des repères, mais c’est la régularité des échanges et des entraînements à la maison qui consolide véritablement les apprentissages et leur permet de s’ancrer durablement.
Un repérage précoce réalisé tôt peut éviter qu’un simple décalage de langage ne devienne une difficulté durable. Bien avant qu’un retard ne soit visible, certains enfants montrent déjà des signes de fragilité. Le repérage précoce permet de les repérer et d’agir avant que ces écarts ne s’installent, avant que le quotidien ne devienne une succession d’efforts.
Un repérage précoce réalisé tôt peut éviter qu’un simple décalage de langage ne devienne une difficulté durable. Bien avant qu’un retard ne soit visible, certains enfants montrent déjà des signes de fragilité. Le repérage précoce permet d’agir avant que ces écarts ne s’installent et que le niveau scolaire n’augmente.
Dans un contexte où les professionnels peinent déjà à répondre à toutes les demandes, ce premier repérage repose avant tout sur ceux qui accompagnent l’enfant au jour le jour : les parents, d’abord, et les enseignants, dont le regard quotidien est souvent décisif. Leur vigilance et leurs observations constituent souvent la toute première étape d’un accompagnement efficace.
Pourtant, dans les faits, l’intervention arrive souvent trop tard. Les orthophonistes sont submergés, les listes d’attente s’allongent, et le cloisonnement entre les métiers de l’éducation et de la santé freinent ce repérage précoce.
Résultat : les enfants grandissent avec leurs difficultés, les parents s’épuisent à chercher des solutions, les enseignants jonglent avec une diversité de profils toujours plus complexe, et les orthophonistes reçoivent des enfants déjà découragés, parfois après des années d’attente.
Et quand un trouble s’installe, il ne touche pas qu’un domaine du langage. Il fragilise la confiance, la motivation, et parfois même la santé mentale : anxiété, isolement, perte d’estime de soi… Ce cercle vicieux n’est pas une fatalité, mais il naît souvent d’un retard dans la prise en charge.
Le repérage précoce n’est pas un luxe mais une nécessité collective. Il permet d’intervenir au bon moment, de redonner aux parents des repères clairs pour les remettre au centre de l’éducation, d’alléger le travail des enseignants et de recentrer les orthophonistes sur leur cœur de métier.
Les études de Nelson et coll. (Pediatrics, 2021), les recommandations de l’American Speech-Language-Hearing Association (2023) et les recommandations du gouvernement français en lien avec la Stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement s’accordent sur la nécessité d’identifier les enfants à risque tôt pour leur offrir de meilleures chances de progression. Cela passe indéniablement par la formation des enseignants et la sensibilisation des parents (plus d’informations en cliquant ici).
Les difficultés persistantes doivent alerter sur leurs conséquences pour l’enfant et sa scolarité.
La première étape est d’en parler avec votre médecin qui pourra vous prescrire un bilan orthophonique :
"Il précise le type de trouble du langage et sa gravité, en évaluant à la fois l'aspect expressif (phonologie, vocabulaire, morphosyntaxe et récit), réceptif (perception et compréhension) et pragmatique (emploi du langage dans les interactions sociales et familiales). Des épreuves étalonnées dans la population générale permettent la réalisation de ces bilans orthophoniques." – Haute Autorisé de Santé (2001, mise à jour 2006), L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l'enfant de 3 à 6 ans, Recommandation de bonne pratique.
L’orthophonie fait partie des soins de rééducation pris en charge par la sécurité sociale française quand une difficulté durable de langage est repérée au cours du bilan.
Chez Baumann Ed., l’accompagnement commence bien avant la rééducation orthophonique. Inspirés par la Conception Universelle des Apprentissages (CUA), l’enseignement explicite et la pédagogie active, nous proposons une approche éducative à la fois inclusive, adaptée et personnalisée [insérer un backlink sur la prise de rendez-vous].
Le guide pour les parents [insérer le backlink vers le livre] ou le carnet de communication pour les enfants, [insérer le backlink vers le carnet] sont conçus pour créer un lien entre la maison, l’école et, si besoin, le cabinet d’orthophonie. Ils permettent de repérer tôt les fragilités, d’agir dès les premiers signes, et de partager les mêmes repères entre tous les adultes qui accompagnent l’enfant.
Lorsque l’orthophoniste intervient, il peut ainsi s’appuyer sur les observations du carnet et les aides déjà mises en place pour évaluer la persistance des difficultés et ajuster la prise en charge, tout en continuant à transmettre les exercices à réaliser à la maison afin d’accélérer les apprentissages, de les ancrer dans le quotidien et de favoriser leur transfert dans différents contextes.
Les délais pour obtenir un rendez-vous peuvent parfois être longs ; mieux vaut donc s’inscrire dès que possible sur une liste d’attente, quitte à le signaler ensuite au thérapeute si la situation s’est améliorée. En parallèle, il est important de maintenir des activités de stimulation régulières pour soutenir les apprentissages de l’enfant.
Chaque séance est adaptée à l’enfant, avec des jeux, des exercices sur différents supports pour travailler la prononciation, la lecture, la mémoire des sons ou tout autre domaine déficitaire repéré lors du bilan. Le but est de rendre la communication fluide et automatique.
L’orthophoniste peut, par exemple, utiliser des images pour montrer comment placer la langue ou demander à l’enfant d’écouter et répéter des sons proches pour affiner sa perception. Il peut aussi choisir d’intensifier le travail en proposant des exercices à réaliser chaque jour à la maison, à l’aide d’outils comme le carnet de communication, les orthèses guide-langue ou le logiciel interactif Baumann Ed., [insérer les backlink correspondant] pensés pour assurer la continuité entre le cabinet, l’école et la famille.
En s’appuyant sur des dispositifs certifiés (marquage CE, conformité à la réglementation des dispositifs médicaux et méthodes fondées sur les preuves type Evidence-Based Practice), l’orthophoniste conserve la supervision du suivi tout en offrant à l’enfant un entraînement quotidien et accessible dans différents contextes, pour favoriser le transfert et la consolidation des apprentissages.
Le parcours commence toujours par un bilan orthophonique prescrit par le médecin. L’ordonnance est donc indispensable (sauf dans certains cas très exceptionnels). Il se déroule en deux temps : un entretien avec les parents (anamnèse) pour recueillir l'historique et les inquiétudes, puis des jeux et des tests standardisés avec l'enfant. C’est le moment de présenter les productions et difficultés de votre enfant, notamment celles qu’il peut avoir rencontrées en complétant son Carnet de communication. Ce bilan va permettre à l’orthophoniste de :
Les séances d'orthophonie sont généralement :
Les séances de rééducation sont adaptées à l’enfant, privilégiant l'approche ludique, les jeux, et les exercices présentés sous différentes modalités pour rendre l'apprentissage motivant.
Oui, et c’est même essentiel ! Les progrès sont plus rapides lorsque la maison devient un lieu d’entraînement quotidien, dans la bienveillance et le plaisir.
Tout commence par une implication régulière et assidue dans le suivi orthophonique.
Or, ces dernières années, de nombreux professionnels de santé constatent une augmentation des absences non prévenues ou non justifiées.
Derrière chaque rendez-vous manqué, il y a des répercussions bien concrètes : une séance non honorée n’est pas rémunérée, alors que les charges du cabinet (loyer, matériel, électricité, cotisations…) demeurent. Certains soignants peuvent sembler stricts sur ce point, mais c’est souvent une question d’équilibre économique ; si trop de séances sont annulées au dernier moment, c’est la pérennité du cabinet qui peut être fragilisée.
Au-delà de l’aspect financier, chaque absence prive aussi un autre patient sur liste d’attente d’une place et interrompt un travail souvent engagé sur le long terme. Une interruption, même brève, ralentit les progrès, surtout lorsque les séances sont déjà espacées.
Enfin, ces absences répétées peuvent fragiliser la relation de confiance entre le professionnel, l’enfant et sa famille. Or, comme nous l’avons vu, l’implication des proches dans le suivi et les apprentissages est un levier essentiel de réussite, bien au-delà du temps passé à l’école ou au cabinet.
Toutefois, le bon sens veut que chacun comprenne la réalité des contraintes familiales et la lourdeur que peuvent représenter certains suivis. Il ne s’agit pas ici d’exiger que chaque rendez-vous soit honoré coûte que coûte, mais simplement d’encourager à prévenir le plus tôt possible en cas d’empêchement. Un geste simple, mais qui permet de maintenir la qualité du suivi, d’en préserver l’intensité et d’anticiper les ajustements nécessaires, qu’il s’agisse d’exercices à distance ou de séances en téléconsultation.
Dans un deuxième temps, une autre façon essentielle de soutenir le travail orthophonique à la maison consiste à reprendre régulièrement, dans différents contextes, les exercices réalisés en séance. Tous les experts s’accordent sur un point : l’implication des familles et des proches joue un rôle déterminant dans les apprentissages. Plus l’entraînement est régulier et intégré au quotidien, plus l’enfant progresse rapidement. Pour vous y aider, vous pouvez vous appuyer sur les exercices proposés dans le guide pour adulte ou dans le carnet de communication destiné aux enfants.
Bien sûr, rien ne remplace l’expertise d’un professionnel de santé pour une rééducation adaptée. Cependant, certains logiciels peuvent compléter ce travail en permettant à l’enfant de s’entraîner au quotidien tout en permettant à l’orthophoniste d’en suivre l’évolution.
Ces outils relèvent de la réglementation des dispositifs médicaux et doivent porter le marquage CE ainsi que les certifications nécessaires. Privilégiez toujours les méthodes fondées sur les preuves (Evidence-Based Practice, EBP) et adaptées au profil de votre enfant.
L’orthophonie joue un rôle essentiel dans la prise en charge des troubles du langage et de la lecture. Mais au quotidien, votre regard et votre réactivité restent les leviers les plus puissants pour prévenir et accompagner les difficultés. C’est vous qui pouvez repérer les premiers signes, alerter les professionnels au bon moment et partager de précieuses informations sur l’histoire, les forces et les besoins de votre enfant.
Des outils comme notre guide pour adultes ont été conçus pour vous aider à comprendre, anticiper et intervenir dès les premiers signes.
Aujourd’hui, près d’un enfant sur cinq rencontre des difficultés scolaires, tandis que les pratiques éducatives et les travaux de recherche et développement sur l’inclusion progressent encore trop lentement. Dans un contexte où les métiers de la santé et de l’éducation demeurent souvent cloisonnés, il est urgent de retisser du lien : remettre l’enfant et sa famille au centre, et redonner à chacun la possibilité d’agir à son niveau.
C’est tout le sens des outils que nous développons, afin de permettre aux familles, enseignants et soignants de créer du lien et d’avancer ensemble dans la même direction.
Pour aller plus loin, découvrez notre article sur le zozotement, un exemple fréquent de difficulté de prononciation que l’on peut accompagner grâce à des jeux de sons et des gestes adaptés.
Progresser à votre rythme et améliorer vos compétences linguistiques n'a jamais été aussi simple